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dernière mise à jour : 19/12/2008
Découvrir Beuzec / Historique / Lesven : Pour ne pas oublier

Lesven : Pour ne pas oublier
6 juin 1944 : les Alliés débarquent en Normandie. C'est le signal d'une vague de soulèvement, et, le 3 août, le Finistère revendique lui aussi sa liberté.
Carhaix, Landerneau, Quimper, Douarnenez, … : les villes de l'Ouest recouvrent à leur tour les couleurs françaises. La zone de Brest, la poche de Lorient restent aux mains des ennemis. Au Cap Sizun, c'est à Lézongar, près d'Audierne, que les combattants adverses se regroupent.

Le 25 août, les Alliés attaquent Brest, qui résiste. Ce même jour, quelques ennemis essaient de gagner Brest via Crozon, depuis Lézongar. Ce sont des soldats de la Wehrmacht, et surtout des marins rescapés des combats navals en baie d'Audierne. Ils réquisitionnent charrettes et chevaux sur Esquibien, et, avec à leur tête un lieutenant S.S., se dirigent vers Pors-Lesven.

Le déplacement est difficile, et l'embarquement de l'avant-garde ne se déroule pas comme prévu. Aussi, en soirée, le groupe occupe et renforce ses positions au village de Kervigoudou, 200 m au-dessus de la plage.

La résistance suit cependant ces mouvements. D'abord hésitants, les groupes de résistants se mettent en position. Le samedi 26 août 1944, vers 1h30 du matin, la section de Tréboul entame le combat. Un peu trop tôt. La riposte est vive, le groupe ennemi fortement armé : au moins 5 canons, et plusieurs mitrailleuses, sont opposés aux résistants.

Un premier repli est nécessaire, mais un groupe Surcouf, du Cap Sizun, résiste et bloque les opposants. Vers 2h30, les bateaux prévus s'en vont, avec une vingtaine de soldats seulement.

Les heures suivantes voient les positions se figer. Mais dès 5h30, les ennemis contre-attaquent en direction du village de Lesven. Clet Gourmelen, infirme, 66 ans, y est massacré.

Cependant, la compagnie de Quimper vient renforcer de 50 hommes les 6 hommes du premier groupe Surcouf. Le reste de la compagnie Surcouf renforcera encore ce détachement vers 8 heures. Durant leur conquête du terrain, les résistants font prisonniers des groupes de 6, 8, voire 30 hommes, qui connaissent l'issue de la guerre, et n'ont plus - pour la plupart - de volonté de combattre.

Cependant, à Kervigoudou, des civils sont restés au sein des combats, et essuient, sous la garde de soldats étrangers, soit peu combatifs, soit déterminés, les coups de fusils et les obus. Malgré des moments de fortes tensions, aucun acte irréparable ne sera ici commis.

A 10 heures, l'arrivée des groupes d'Audierne et de Plogastel-St-Germain permet d'espérer un avantage décisif. Le combat se poursuit, mais l'issue en reste encore incertaine. Pourtant, les résistants repoussent les ennemis du village de Lesven, et même de Kervoal, occupé quelques temps.

A midi, ce 26 août 1944, les forces en présence ne parviennent pas à prendre l'avantage. Les tirs nourris succèdent aux périodes de calme relatif, sous un soleil particulièrement lourd.

Dans l'après-midi, des compagnies bien structurées de Briec renforcent encore les troupes de la Résistance. Les officiers aguerris arrivés sur place étudient les positions, et décident d'attaquer par l'ouest, seul côté faible de cette position de Kervigoudou.

16 heures : l'assaut final est donné contre les hommes du Reich. Cette fois, la fin du combat ne fait plus de doute, et le lieutenant S.S. tente de se suicider. Ses hommes se rendent, par petits groupes éparpillés jusqu'à Lézugard, ou même Kergonouy.

Les combats de Lesven sont finis. Quelques actes crapuleux seront cependant commis : sans doute trois prisonniers sont assassinés, un doigt est coupé pour une bague en or, dit-on.

Pour les civils beuzécois libérés, c'est le soulagement ; pour tous les Français, l'émotion de la victoire. Onze résistants - de 18 à 42 ans - ont été tués, un civil massacré. Du côté ennemi, une trentaine de morts sont dénombrés, et seront enterrés à Beuzec-cap-Sizun ; quelques 250 hommes sont faits prisonniers.

Huit mois plus tard, le 8 mai 1945, la seconde guerre mondiale est finie.
En 1946, le monument aux morts de Lesven est érigé.
Pour ne pas oublier. Pour ne pas recommencer.

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